Démarchage téléphonique : ce qui change vraiment depuis le 11 août 2026
Interdiction par défaut des appels commerciaux depuis le 11 août 2026 : consentement libre / éclairé / spécifique / révocable (max ~1 an), exceptions contrat en cours, fin de Bloctel, horaires 10–13 / 14–20, amendes jusqu’à ~375 k€ (chiffres relayés).
Ce qui change vraiment (et ce qui ne disparaît pas)
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales est interdit par principe en France. Ce n’est plus au consommateur de « se cacher » derrière une liste d’opposition : c’est au professionnel de prouver qu’il a le droit d’appeler.
Le basculement est résumé par Service-Public (A19003) : avant, Bloctel servait surtout à dire non ; après, le silence vaut refus. Les appels non sollicités ne disparaissent pas magiquement du jour au lendemain — plateformes étrangères, numéros masqués, zones grises restent des sujets de vigilance — mais le cadre légal a changé.
Ce texte n’est pas un conseil juridique. Il clarifie le mécanisme, les exceptions et les chiffres relayés.
Interdiction par défaut : deux portes encore ouvertes
Selon Service-Public, une entreprise peut encore vous appeler pour de la prospection commerciale dans deux cas principaux :
- Contrat en cours — l’appel concerne un contrat que vous avez conclu (offre complémentaire, amélioration du service, etc.).
- Consentement préalable — l’entreprise a obtenu votre accord avant l’appel.
Le consentement, dans les formulations officielles et presse (Dauphiné / Que Choisir Ensemble cités), doit être libre, éclairé, spécifique, univoque, exprimé par un acte positif clair, et révocable. Durée maximale souvent rappelée : environ un an, sans renouvellement tacite. Tu peux retirer ton accord à tout moment, y compris oralement — les modalités doivent rester simples.
Autrement dit : cocher une case floue au milieu d’un formulaire « tout accepter » n’est pas le modèle que décrit le texte. L’entreprise doit pouvoir prouver le consentement.
Bloctel s’arrête — et ce n’est pas un détail
Conséquence logique de l’interdiction par défaut : le service Bloctel cesse d’exister au 11 août 2026 (Service-Public). Tu n’as plus à t’inscrire pour « bloquer » le démarchage commercial classique : la charge de la preuve a basculé.
Ça ne signifie pas que tu n’as plus rien à faire si un appel paraît illicite. Service-Public renvoie notamment vers Signal Conso (DGCCRF) pour signaler un démarchage abusif. Les associations de consommateurs, relayées par Le Dauphiné, insistent aussi : le cadre vise le démarchage légal ; les appels depuis l’étranger ou les contournements restent un risque réel.
Horaires : toujours encadrés quand l’appel est autorisé
Même quand l’appel est permis (contrat / consentement), les plages rappellent le Code de la consommation, selon Service-Public :
- lundi–vendredi, 10 h–13 h et 14 h–20 h ;
- interdit samedis, dimanches et jours fériés ;
- dérogation possible seulement si tu as explicitement consenti à une date et un horaire hors plage, indiqués précisément.
Ce n’est pas « plus d’horaires parce que Bloctel est mort ». C’est : quand l’appel est encore légal, les créneaux restent la règle.
Amendes et nullité : ordres de grandeur relayés
La presse (Dauphiné, France 3, etc.) et les analyses juridiques citent souvent une amende administrative pouvant aller jusqu’à environ 375 000 € pour une personne morale (et un plafond plus bas pour une personne physique) en cas de prospection non autorisée. À lire comme chiffres relayés / barème annoncé dans le Code de la consommation — pas comme une facture automatique pour chaque appel reçu.
Autre levier souvent rappelé : un contrat conclu après un démarchage qui ne respecte pas les nouvelles règles n’est pas valable (Service-Public). Autrement dit, la sanction n’est pas seulement punitive ; elle peut annuler l’effet commercial de l’appel.
Zones encore à clarifier
Plusieurs titres (dont France 3) notent que des secteurs — sondages, médiamétrie, certains usages « d’intérêt général » — peuvent encore faire l’objet de précisions ou listes complémentaires (automates d’appels, etc.). Service-Public rappelle aussi une exception historique pour la vente d’abonnements presse (journaux, périodiques, magazines).
Les premières semaines seront bruyantes : des appels arriveront encore ; certains seront licites (contrat / consentement / presse) ; d’autres non ; d’autres resteront dans une zone grise le temps que les précisions tombent. Le réflexe utile : demander qui appelle, sur quelle base, et comment retirer un consentement éventuel — plutôt que de traiter la réforme comme un interrupteur magique du silence.
Conclusion sobre : depuis le 11 août 2026, le principe est clair — pas d’appel commercial sans base légale (contrat ou consentement). Le silence n’est plus une invitation. Le reste — efficacité réelle, contrôles, zones grises — se lira dans les mois qui viennent, pas dans un titre de plateau.
Pour aller plus loin
- Service-Public — A19003 — règles officielles, exceptions, Bloctel, horaires, Signal Conso.
- Le Dauphiné — décryptage du 11 août — lecture association / Que Choisir Ensemble et amendes citées.
- France 3 — interdiction, exceptions, ~375 000 € — cadrage presse et zones encore à préciser.
Sources
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